Mais ce qui' m'a réveillée, c'est qu'aucun bruit ne dépassait de cette vibration. Normalement, j'entends les animaux. J'entends les animaux du zoo qui vivent leur vie nocturne et mystérieuse. Et là, il n'y avait plus rien. Le rugissement des lions perçaient habituellement mes nuits. Il aurait dû y avoir aussi des froufrous affolés de plumes, des terreurs et des cauchemars des bêtes ; je les entendais normalement, je participais à leurs commerces nocturnes et là, plus rien, rien d'autre qu'une nuit d'hiver, rien d'autre que le bruit réflexe du monde.« Où sont les animaux ? », je l'ai dit, je crois, mais ça n'a pas réveillé ma cousine qui dormait a coté, alors je l'ai sans doute pensé, je me suis assise dans mon lit, il faisait clair, mais je ne savais plus si c'était la pleine lune ou juste la pâleur électrique des réverbères. Je me suis levée et je suis allée à la fenêtre ouverte, j'ai libéré la mouche engourdie en agitant le rideau, j'ai respiré l'odeur de la ville –odeur plus fraîche comme lavée, toute propre et parfumée, une odeur plus fraîche que celle du jour – mais je n'ai toujours pas entendu les animaux.

